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Larache, la Romaine
Larache et son petit port de pêche sont situés sur la côte Atlantique-nord du Maroc en dessous d’Asilah. La ville domine une large plaine où se dessine l’embouchure du Loukos.
Médina de Larache
A l’intérieur et à l’extérieur de la médina, le bleu des portes et des encadrements de fenêtres contraste avec les murs blanchis à la chaux.
La région fut le théâtre d’affrontements, notamment à Lixus, entre Phéniciens et Romains. Mais c’est l’influence espagnole qui est la plus notable dans l’architecture de la ville. Les nombreuses arcades, portes et colonnes de couleurs chaudes rappellent vraiment l’Espagne dans certains quartiers.
Les méandres du fleuve Loukos
Si l’on en croit certains auteurs, c’est dans la vallée du Loukos que les Anciens situaient le fameux jardin des Hespérides, filles d’Atlas et d’Hespéris, déesse de l’Occident. Là, se trouvait l’arbre chargé de pommes d’or, ces fruits merveilleux dont Hercule réussit à s’emparer après avoir vaincu leur gardien, un terrifiant dragon.
Cependant, pour certains, il ne faudrait voir dans le terrible monstre que le Loukos aux multiples méandres.
L'amphithéâtre de Lixus
La ville antique de Lixus, bâtie sur une colline surplombant le large fleuve qui serpente parmi les champs et les marais salants, se situerait sur ce jardin légendaire.
Les recherches archéologiques entreprises sur le site depuis les années vingt et qui se poursuivent jusqu’à nos jours ont fourni des données importantes sur les différentes phases de la longue histoire du site.
Les vestiges architecturaux les plus anciens remontent à l’époque maurétanienne (IIIème siècle avant JC - -40 après JC). Il s’agit d’un ensemble de pièces de forme rectangulaire, d’un quartier d’habitat délimité sur le côté ouest par une enceinte dite hellénistique construite en blocs de grand appareil et d’un « temple » à abside.
Devenue colonie romaine sous l’empereur Claude en 42-43, Lixus va désormais connaître un développement économique et urbanistique important. C’est dans le quartier des temples que des édifices religieux ont été identifiés. À la suite de la crise du IIIème siècle et de l’évacuation du sud de la Mauritanie Tingitane, la ville se replie sur elle-même et s’entoure d’une enceinte réduite construite au IVe siècle qui coupe le quartier des temples. La vie s’y maintient néanmoins jusqu’à l’époque islamique avec la présence d’une mosquée et d’une maison à patio aux murs revêtus de stucs peints.
La côte de Larache
C’est aussi dans la région que se déroula la bataille des Trois Rois. Le 4 août 1578, l’armée marocaine commandée par Moulay Abdelmalek Es-Saâdi, oncle du roi Moulay Mohammed à qui il avait pris le pouvoir, livrait bataille sur la rive gauche de l’oued Makhazen à l’armée portugaise commandée par le jeune roi du Portugal, Sébastien Ier. Ce dernier, désireux de christianiser le Maghreb, cherchait à reconquérir les villes autrefois investies par les Portugais (Tanger, Agadir, Mogador, Safi, Azemmour, Mazagan…) Le destin voulut que les trois souverains qui participèrent à la bataille y périssent, d’où la bataille des Trois Rois.
Cette bataille, l’une des plus meurtrières de l’histoire militaire du XVIe siècle, eut pour conséquence l’avènement du propre frère d’Abdelmalek, Abou el Abbas Ahmed, qui monta sur le trône le soir même de la bataille, se voyant appelé en cette occasion El-Mansour, le victorieux. En 1689, la grande armée de Moulay Ismaïl attaque les Espagnols, maîtres de la ville depuis près de 80 ans. Après trois mois de siège, les assiégés durent capituler. Plusieurs siècles après, en 1911, la ville fut de nouveau contrôlée par les Espagnols, durant le Protectorat. C'est l'indépendance du Maroc en 1956 qui libéra Larache de toute emprise étrangère.
Tombe de Jean Genet
C’est à Larache que repose, au cimetière espagnol, l’écrivain Jean Genet (1910-1986). Orphelin, voleur, homosexuel, pensionnaire régulier des bagnes d’enfants et des prisons, Jean Genet connait la notoriété publique grâce à ses romans directement inspirés de son expérience. Ses amis intimes, Cocteau et Sartre, lui éviteront une nouvelle inculpation qui lui faisait risquer la prison à perpétuité. Auteur de romans, de poèmes, de pièces de théâtre à succès ou encore d’articles politiques qui firent en leur temps grand bruit.
Ironie du destin: il fut enterré dans ce petit cimetière qui domine l’Océan, et qui se trouve immédiatement bordé d’un côté, par une prison abandonnée, de l’autre, par un ancien bordel…
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